Mon histoire avec mes TOC : Les débuts …

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Vous l’aurez compris, cet article aura une orientation plus personnelle et plus intime que ceux écris précédemment… Je vais tenter d’être le plus transparent et le plus honnête possible avec vous en partageant mon expérience, mon passé, mon histoire avec les troubles obsessionnels compulsifs.

 

Commençons par le commencement, la naissance ! Pas la mienne je vous rassure, cela  risquerait d’être une bien longue et ennuyeuse histoire. Non, commençons par la naissance de mes TOC !

 

Comme beaucoup de personnes, mes TOC sont apparus à l’une des périodes les plus difficiles émotionnellement dans l’histoire d’une vie, l’adolescence. Si mes souvenirs ne trompent pas, mes premiers TOC sont apparus vers l’âge de 15 ans. Je ne saurais dire avec exactitude quel a été l’élément déclencheur ou du moins la cause de mes TOC. Je pense néanmoins que l’instabilité familiale, le divorce de mes parents ou encore le cancer de ma mère ont très probablement joué un rôle important.

 

Mes premiers TOC

 

Mes TOC sont apparus petit à petit sans même que je ne m’en rende compte ! Pour être honnête à l’époque, je ne savais même pas que c’était une maladie et qu’on appelait ça des troubles obsessionnels compulsifs. En réalité, j’avais plutôt le sentiment de ne pas être super net dans ma tête si vous voyez ce que je veux dire… Et comme j’avais une fâcheuse tendance à me replier sur moi-même, à garder mes problèmes pour moi, je n’en ai pas vraiment parlé au début… Je pense que c’est probablement la première erreur commise lorsqu’on souffre de TOC, garder cela pour nous par peur d’être incompris, jugé ou encore moqué. Votre entourage (même si ce n’est pas toujours le cas), même s’il ne comprend pas ce dont vous souffrez vraiment peut vous soutenir, vous aider à trouver de l’aide, à garder espoir ! Seul c’est beaucoup moins évident…

 

Comme je le disais, au début je n’en ai pas parlé et je me suis donc retrouvé seul et sans solutions face à des pensées obsessionnelles qui étaient de plus en plus fortes. Pensées qui provoquaient chez moi un besoin d’accomplir des gestes, des rituels, idiots certes et j’en avais conscience. Cela me permettaient néanmoins de faire baisser l’angoisse, une pause jusqu’à la prochaine pensée. Le problème c’est que plus j’accomplissais mes rituels et plus ces pauses devenaient courtes. Ne réussissant pas à enrayer les plans diaboliques de mes TOC, ils ont fini par gagner beaucoup de terrain, se répandant alors comme un petit virus venant contaminer mes pensées les plus banales, me forçant à accomplir toujours plus de compulsions, me prenant toujours plus de temps.

 

Après plusieurs mois, plusieurs TOC…

 

Enfin après plusieurs mois en compagnie de mes « nouveaux amis », je me suis rendu compte que ma vie ne ressemblait plus à grand chose. J’avais cette boule au ventre, cette angoisse, les choses simples du quotidien étaient devenues compliquées et prenaient désormais beaucoup plus de temps. J’avais développé une multitude de TOC et je ne me rappelle pas de tous, cependant certains m’ont plus marqués que d’autres :

 

Mes TOC de vérification et de répétition, probablement les plus nombreux :

 

Tous les soirs avant d’aller me coucher je vérifiais plusieurs fois la porte d’entrée et tournais la clé plusieurs fois pour être certain que rien ni personne ne pourrait entrer. Je me disais alors « mais c’est absurde arrête, je suis fou, mais en même temps si quelqu’un entre et qu’il nous vole, qu’il fait du mal à mes proches, jamais je ne pourrais me le pardonner. Tant pis je dois le faire il n’y a pas d’autre solution… », ajoutez à cela une angoisse intense, forçant votre volonté à fléchir, faisant pression sur la moindre chance de ne pas accomplir votre compulsion.

J’ouvrais et fermais toutes les portes de la maison 3 fois, celle de la cuisine, salle de bain, salle à manger et même les WC. Toutes les portes devaient être fermées puis ouvertes, puis fermées, puis ouvertes, puis… Bon je vous passe les détails mais le plus absurde dans tout cela c’est que autant le TOC touchant à la porte d’entrée pouvait être logique, autant les portes situées à l’intérieur de la maison… Pourtant il fallait que je le fasse sinon une petite voix dans ma tête me disait « si tu ne le fais pas, ta mère ne va peut-être pas se réveiller demain matin », avec encore et toujours ce sentiment d’angoisse trop intense pour résister.

 

Mes TOC de nettoyage et rangement :

 

Le Nettoyage des mains ! Heureusement ce TOC n’était pas toujours présent, il ne survenait que par période de grande anxiété et lorsque je croisais ou rencontrais des personnes que mon cerveau avait jugé de « potentiellement pas très propre ou porteuse de microbes ». Je n’avais pas le problème avec mes proches. Lorsque ce TOC survenait, je devais me laver les mains plusieurs fois de suite.

Rangement et symétrie. Le plus curieux avec ce TOC c’est qu’il ne se fixait pas sur tout puisque j’avais plutôt tendance à être « bordélique » pour reprendre les mots employés par ma mère. Mais sur certains objets il fallait que ce soit placé d’une certaine manière et pas autrement. Par exemple la télécommande devait-être rangée à égale distance entre ma télévision et le bord du meuble, si ce n’était pas le cas c’était la montée d’angoisse et autres joyeusetés.Idem concernant les vêtements pour le lendemain, il fallait qu’il y ai exactement le même espace de chaque côté du jean lorsqu’il était posé sur la chaise.

 

Le TOC qui m’a le plus gâché la vie

 

Le TOC sur l’écriture. Ce TOC est probablement un de ceux pour ne pas dire celui qui m’a le plus pourri la vie et plus particulièrement la scolarité.

 

Pour faire simple, il me fallait à peu près 10 fois plus de temps que les autres pour écrire la même chose. Non pas que j’étais lent (encore que) mais à presque chaque phrase, il y avait au moins un mot que je jugeais mal écrit ou imparfait. Il fallait alors que je l’efface et parfois même que j’efface la phrase complète puis que je réécrive le tout ! Et souvent plusieurs fois. Cela avait pour conséquence que mes cours étaient raturés, illisibles et souvent partiellement écrits.

 

Quand vous vous retrouvez avec des cours incomplets et illisibles c’est très très gênant vous vous en doutez (surtout en pleine scolarité) mais ce n’était pas le plus pénalisant. Le pire était lors d’examens ou contrôles.

 

Comme c’est généralement le cas à un examen, le stress monte et quand le stress monte la fréquence et l’intensité des TOC augmente, beaucoup (et encore plus quand vous savez que vous allez avoir des TOC à l’examen, c’est le chat qui se mort la queue) ! Je me retrouvais donc avec une demi-page écrite quand les autres faisaient une copie double, une demi-page souvent illisible d’ailleurs tant il y avait de ratures. S’en est évidement suivi une incompréhension de la part des professeurs, des mauvaises notes ou encore des « il ne fait rien » etc.

 

J’ai eu bien d’autres TOC et comme dit précédemment je ne me souviens pas de tous mais je peux dire avec certitude que malgré la souffrance dont j’ai souvenir, je sais que d’autres ont vécus et vivent bien pire encore.

 

Parler de mes TOC, le premier pas

 

Il a donc fallu que je me confie et que j’explique ce que je vivais alors que moi-même je ne savais pas vraiment ce que c’était. J’en ai donc parlé à ma mère et j’admets avoir eu une grande chance que d’autres n’ont pas forcement eu, avoir une mère qui a su être à l’écoute sans juger un seul instant. Je pense que c’est dans ces moments difficiles qu’on se rend le plus compte de l’importance d’avoir des proches à l’écoute, malheureusement tout le monde n’a pas cette chance …

 

A suivre

 

J’espère que ce premier article sur mon histoire vous aura plu, je serai ravi que vous partagiez avec moi, avec nous tous vos expériences et vos histoires dans les commentaire en dessous de cet article ou directement sur cette page afin que tout le monde puisse en profiter (témoignage anonyme ;-)) !

 

Je vous dis à très bientôt pour un nouvel article, en attendant prenez soin de vous 😉

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Commentaires

Cet article a 2 commentaires

  1. Vous décrivez très bien les premiers symptômes et surtout le problème de la honte et d avoir impression d être fou..au plaisir de continuer de vous lire bien à vous

  2. Je trouve le début de ton blog tres explicite, tres simple 🙂 Cela permet qu’on se retrouve dans cette pathologie ! Merci et continue

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